Point de départ : l’objectif n’est pas de présenter l’exosquelette comme dangereux ou miraculeux. Il faut vérifier, sur la tâche réelle, ce qu’il soulage et ce qu’il peut déplacer ou ajouter.
Risques mécaniques
Collision, écrasement, abrasion : le dispositif devient une partie du poste
L’INRS identifie des risques de collision avec l’utilisateur, un collègue ou l’environnement, mais aussi de coincement, d’écrasement, de lésion articulaire et de frottement prolongé sur la peau. Ces risques dépendent du volume du dispositif, de ses éléments mobiles, de son réglage et, pour les systèmes actifs, de la commande.
En pratique, une évaluation sérieuse doit donc intégrer les allées, portes, machines, véhicules, outils, EPI et espaces exigus — pas seulement le geste biomécanique.
Charge physique
Soulager une zone ne signifie pas réduire toute la charge du corps
Le poids et l’encombrement peuvent augmenter la dépense globale, tandis qu’une assistance mal adaptée peut modifier les coordinations, la posture ou l’équilibre. L’INRS rappelle qu’un exosquelette peut réduire certaines contraintes musculaires locales sans supprimer la répétitivité des gestes ni toutes les contraintes biomécaniques.
C’est un point essentiel lors des essais : il faut regarder le corps entier, la fatigue sur plusieurs heures et les effets en dehors de la tâche ciblée.
Charge mentale
Le travail change aussi cognitivement
L’opérateur doit parfois modifier ses repères sensoriels, son geste appris et son attention. L’INRS évoque des risques de charge attentionnelle accrue, de perte d’autonomie, d’appauvrissement du contenu du travail ou de perturbation de l’expertise professionnelle.
Une phase de familiarisation et un retour d’expérience des utilisateurs sont donc indispensables avant un déploiement plus large.
Environnement
Chaleur, ATEX, hygiène, EPI : les contraintes du métier restent prioritaires
Un exosquelette ne peut pas être évalué hors contexte. Dans un environnement explosif, l’INRS rappelle que les exigences ATEX et les phénomènes électrostatiques doivent être pris en compte. Dans d’autres métiers, la chaleur, la poussière, le lavage, la compatibilité avec les harnais ou vêtements de protection peuvent devenir décisifs.
Avant déploiement
Notre checklist pratique
- Observer la tâche réelle et ses variantes.
- Cartographier les interactions avec machines, outils, véhicules et collègues.
- Tester plusieurs morphologies et réglages.
- Mesurer l’effet après une période d’apprentissage, pas seulement à la première minute.
- Rechercher les contraintes déplacées vers d’autres zones du corps.
- Documenter les incidents, inconforts et abandons d’usage.
Sources