Réponse courte : un exosquelette n’est pas automatiquement remboursé parce qu’il est médical ou porte un marquage CE. Pour une prise en charge individuelle par l’Assurance Maladie, il faut vérifier le dispositif exact et les règles de la Liste des produits et prestations (LPP). Pour un usage professionnel, les mécanismes sont différents.
Particulier / patient
Le remboursement des dispositifs médicaux passe par la LPP
L’Assurance Maladie indique que la Liste des produits et prestations (LPP) recense les dispositifs médicaux remboursables et leurs conditions de prise en charge. Il faut donc rechercher le produit ou la catégorie précise : le simple mot « exosquelette » ne suffit pas à établir un droit au remboursement.
Le niveau de prise en charge dépend ensuite de la nomenclature, de la prescription, des indications et des conditions attachées au code concerné.
Cas concret
EXOBAND montre qu’un dispositif innovant peut ne pas être pris en charge
En 2024, la HAS a évalué EXOBAND, une orthèse souple de hanche de type exosquelette. La CNEDiMTS a estimé le dispositif inéligible à la prise en charge transitoire dans les indications revendiquées, notamment les troubles de la marche liés à certaines pathologies neurologiques. La commission a notamment considéré que les données fournies ne permettaient pas de démontrer suffisamment l’efficacité clinique revendiquée.
Ce cas ne signifie pas qu’aucun exosquelette ne pourra jamais être remboursé : il montre que la décision se fait dispositif par dispositif, sur dossier et selon le mécanisme de prise en charge demandé.
Rééducation en établissement
Utiliser un exosquelette à l’hôpital n’est pas la même chose que se le faire rembourser à domicile
Des centres de rééducation utilisent des exosquelettes dans leur plateau technique. Le financement de l’équipement par l’établissement et la prise en charge du séjour ne créent pas automatiquement un droit du patient à repartir avec un appareil personnel remboursé.
Entreprise
La subvention Prévention des risques ergonomiques finance certaines actions à 70 %
L’Assurance Maladie – Risques professionnels prévoit en 2026 une subvention pouvant couvrir 70 % de dépenses éligibles : diagnostics ergonomiques, formations, équipements répondant au cahier des charges, actions de sensibilisation, certains aménagements de poste et frais de personnel de prévention.
Pour les actions de prévention — diagnostic, formation, équipements — le plafond par type d’investissement est de 25 000 € sur la période 2024-2027. Le plafond global annoncé est de 75 000 € pour les entreprises de moins de 200 salariés et 25 000 € pour celles de plus de 200 salariés.
Important
La liste standard 2026 des équipements financés ne cite pas explicitement les exosquelettes
La page Ameli consacrée aux équipements éligibles énumère notamment appareils de levage, chariots, tables élévatrices, outils portatifs et équipements spécifiques. L’exosquelette n’y apparaît pas explicitement. Il serait donc incorrect d’annoncer qu’un achat d’exosquelette bénéficie automatiquement d’un remboursement de 70 %.
Avant un achat, il faut demander confirmation à la caisse régionale sur le dispositif et le volet de financement envisagé.
Aménagement individuel
Une autre piste existe pour le maintien dans l’emploi
Ameli indique que des mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste proposées par la médecine du travail dans le cadre de la prévention de la désinsertion professionnelle peuvent faire l’objet d’une aide. Là encore, la page ne promet pas la prise en charge d’un exosquelette en tant que tel : le dossier doit être construit autour du besoin individuel et des conditions du dispositif.
Handicap au travail
Agefiph et FIPHFP peuvent aussi entrer dans le paysage
L’Agefiph finance sous conditions l’adaptation des situations de travail et des équipements spécifiques en compensation du handicap. Elle mène en parallèle, avec La Poste et plusieurs partenaires dont l’INRS et la Carsat, un projet consacré à l’usage des exosquelettes pour le maintien dans l’emploi. Dans la fonction publique, le FIPHFP dispose également d’aides à l’adaptation du poste.
Ces mécanismes sont distincts du remboursement de soins par la Sécurité sociale : ils relèvent de la compensation du handicap et du maintien dans l’emploi.
Démarche
Que faire avant d’acheter ?
- Pour un besoin médical personnel : vérifier le dispositif exact dans la LPP et discuter de la prescription avec le professionnel de santé compétent.
- Pour un salarié : associer médecin du travail, prévention/ergonomie et employeur avant de choisir le matériel.
- Pour une aide Assurance Maladie – Risques professionnels : vérifier le cahier des charges et l’éligibilité auprès de la caisse régionale avant de compter sur la subvention.
- Pour un salarié en situation de handicap : examiner aussi les aides Agefiph ou FIPHFP selon le statut.
Sources officielles
Références vérifiées
- Assurance Maladie — Liste des produits et prestations (LPP)
- HAS — EXOBAND, avis CNEDiMTS
- Ameli Entreprise — Subvention Prévention des risques ergonomiques
- Ameli Entreprise — équipements financés
- Ameli Entreprise — aménagement du poste
- Agefiph — projet exosquelette et maintien dans l’emploi
- FIPHFP — adaptation du poste de travail