Réponse courte : passif ne veut pas dire « faible » et motorisé ne veut pas dire « meilleur ». Les deux technologies produisent une assistance différente et imposent des contraintes différentes.

Définition

Passif : ressorts, éléments élastiques et transfert de forces

Donnée institutionnelle : l’INRS définit un exosquelette passif comme un dispositif sans élément motorisé. Dans ses travaux sur les exosquelettes d’assistance du dos, l’Institut précise que les systèmes passifs peuvent utiliser des éléments élastiques, ressorts ou vérins afin de stocker puis restituer de l’énergie mécanique.

Concrètement, l’énergie ne vient pas d’une batterie qui propulse le mouvement. Elle provient notamment de la mise en tension du mécanisme par l’utilisateur et peut être restituée ou redistribuée au cours du geste.

Définition

Actif ou motorisé : une assistance produite par des actionneurs

Donnée institutionnelle : l’EU-OSHA décrit les systèmes actifs comme utilisant des actionneurs pour soutenir les mouvements humains, la plupart recourant à des moteurs électriques. Des capteurs et un système de commande peuvent adapter l’action des moteurs pendant l’utilisation.

Cette architecture permet de fournir une assistance sans devoir préalablement mettre un ressort en tension. En contrepartie, elle ajoute une chaîne technique : moteurs, alimentation, électronique, capteurs et logiciel.

Comparaison

Les différences à regarder en pratique

CritèrePassifMotorisé / actif
Source d’assistanceÉnergie mécanique stockée/restituée, redistribution des forcesActionneurs, généralement électriques
BatteriePas nécessaire au mécanisme passifGénéralement nécessaire
CommandeMécaniqueCapteurs et commande électronique possibles
AutonomiePas d’autonomie électrique à gérer pour l’assistanceDépend de l’énergie disponible et de l’usage
ComplexitéArchitecture généralement plus simpleArchitecture plus complexe
Type d’aideSoutien ciblé, restitution ou transfert d’effortCouple/force d’assistance produit à la demande

Analyse éditoriale : ces différences de principe ne permettent pas, à elles seules, de désigner une technologie supérieure. Elles servent surtout à éliminer les solutions incompatibles avec l’usage réel.

Usages

Quand le passif a du sens

Le passif est particulièrement cohérent lorsque l’objectif est de soutenir une posture ou un geste répétitif sans ajouter de batterie et de motorisation. Dans le monde professionnel, on trouve notamment des systèmes destinés au dos ou aux membres supérieurs.

Il existe aussi des usages sportifs spécialisés reposant sur des mécanismes passifs. Pour le ski, par exemple, notre guide des exosquelettes et dispositifs d’assistance explique les différences avec les systèmes motorisés de marche.

Usages

Quand le motorisé devient pertinent

Un système actif devient intéressant lorsqu’on recherche une assistance commandée pendant le mouvement : marche, montée, déplacement ou certaines tâches professionnelles. Les produits peuvent toutefois être très différents selon qu’ils visent le grand public, le travail ou la rééducation.

Pour la marche et la randonnée, consultez aussi nos guides exosquelette pour marcher et exosquelette de randonnée. Pour le travail, partez plutôt de la page exosquelette professionnel.

Limites

Motorisé n’est pas synonyme d’assistance supérieure dans tous les cas

Donnée tierce/institutionnelle : des travaux de l’INRS montrent que l’efficacité dépend notamment du mode d’assistance, du niveau d’assistance et des caractéristiques du dispositif. Une étude de laboratoire de l’INRS a également comparé des technologies actives et passive lors d’une tâche répétitive de manutention.

Analyse éditoriale : la question utile n’est donc pas « lequel est le plus puissant ? », mais « quelle assistance correspond au mouvement, à la durée d’utilisation et aux contraintes de mon environnement ? ».

Choix

5 questions avant de choisir

  1. Quelle partie du corps doit réellement être assistée ?
  2. Faut-il soutenir un effort ou produire une assistance motrice pendant le mouvement ?
  3. Une batterie, sa recharge et son autonomie sont-elles acceptables dans l’usage prévu ?
  4. Le poids et l’encombrement restent-ils compatibles avec la durée d’utilisation ?
  5. S’agit-il d’un usage loisir, professionnel ou médical ? Ces univers ne répondent pas aux mêmes exigences.

Si vous partez de zéro, utilisez notre guide pour choisir un exosquelette ou le comparatif des modèles et technologies.

Sources

Sources utilisées